Le Sillon de Bretagne est, de Saint-Roch à Saint-Etienne de Montluc, un relief rectiligne, orienté NO-SE, qui passe par Savenay. Malgré la modestie de son dénivelé - guère plus de 80 mètres - il constitue assurément l’élément structurant de la géographie locale séparant, de part et d’autre du coteau, marais estuarien et plateau nantais. Il s’agit, en fait, d’un escarpement de faille, associé à la zone de cisaillement sud armoricaine (ZCSA) longeant, du Finistère à la Vendée, tout le sud de la Bretagne. Formée il y a 300 millions d’années cette ligne de faille a connu plus récemment - entre 25.000 à 50.000 ans !... - plusieurs rejeux verticaux. Quelques témoins de ce substrat géologique s’offrent à l’observation dans les tranchées, affleurements et carrières.
Mais ce relief, aussi modeste soit-il, a fait historiquement l’objet d’une appropriation en évolution accélérée depuis environ deux siècles. Partant d’une différenciation des mises en valeur agricoles, les paysages ruraux opposant jadis marais et landes, tendent de plus en plus à se rapprocher, sous le double effet du remembrement et de l’étalement des zones de péri-urbanisation. Dans la superposition des zones d’influence des agglomérations de Nantes et de Saint-Nazaire, les « nouvelles campagnes » de résidence (« mitage » d’abord, puis nombreux lotissements), profitent à la fois des atouts paysagers et des espaces de loisirs et de détente : lac, camping, golf, randonnées…
Aujourd’hui, le Sillon de Bretagne constitue l’objet de divers enjeux territoriaux. S’il demeure un fort trait d’union entre pays nantais et Bretagne, en tant qu’orienteur et support des axes de communication terrestres (voie ferrée, routes et, désormais, autoroutes), dans quelle mesure est-t-il encore une limite – culturelle, sociale, voire politique - entre estuaire et plateau ? Et, entraîné dans la logique métropolitaine estuarienne de la Basse-Loire, peut-il véritablement assumer, pour un territoire pertinent et légitime de vie autocentrée, ce rôle de marqueur spatial fort d’une identité locale qu’on s’efforce désormais de lui faire jouer ? Et devenir ainsi la base d’un sentiment d’appartenance dans le cadre d’un contrat territorial en cours de redéfinition par l’émergence d’une intercommunalité qui se cherche à plusieurs échelles ?
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| Le Sillon de Bretagne, une curiosité à découvrir |
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| L’office du tourisme Loire et Sillon de Savenay, dans le cadre de ses animations estivales sur le canton, présentait mardi soir, au café-théâtre de l’espace Thalweg, une conférence sur le thème « le Sillon de Bretagne, paysages et identité ». Devant une trentaine de personnes, Jean-Yves Martin, professeur de géographie au lycée Jacques Prévert de Savenay, a tenté d’apporter une réponse à cette double question. Par la géographie, la topographie, il a précisé le contour de cet escarpement de 25 à 30 km de longueur qui partirait de la Butte Sainte-Anne à Nantes, pour s’achever vers Pontchâteau. Plus largement, il s’agit d’une faille, dans une zone sismique, qui culmine à près de 90 m et qui marque le paysage du canton avec ses marais. L’informatique ayant fait des siennes, le conférencier a dû pallier, par la parole, la non-projection de différents documents et cartes. Grâce à un diaporama, présenté par Jean-Pierre Guillet, du Photo-club de Savenay, le public a pu se rendre compte de l’importance de la verdure et des bois, de l’urbanisation qui s’y est développée au fil des années, des particularités avec le passage du GR3, de ses carrières. Le débat qui a suivi aura sans doute permis de combler le déficit de réflexion sur ce thème, la discussion aura démontré que la géographie était toujours aussi passionnante. |
| Ouest-France du 20 août 2004 |



