Si dans d’autres régions il y a eu baisse des cas de conflits, dans le Nordeste il y a eu croissance accentuée des conflits dans l’Etat de Bahia (de 48 à 91, + 89,6%), dans le Maranhão (de 112 à 199, + 77,7%), dans le Pernambuco (de 37 à 51, + 37,8%), dans le Sergipe (2 à 5, + 150%) et dans le Rio Grande do Norte (de 4 à 6, + 50%). Paraíba et Ceará présentent une augmentation respectivement de 30,8% de 10%. Alagoas et Piauí ont un nombre plus fible de conflits en 2010. Mais ce qui marque surtout l’année 2010, c’est la croissance du nombre des assassinats liés à ces conflits ruraux : 34 assassinats, un nombre 30% plus élevé qu’en 2009, où il n’en fut enregistré 26. Ce nombre constitue un renversement de la tendance à la baisse qui s’observait depuis 2006
| Année | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 |
| Assassinés | 39 | 28 | 28 | 26 | 34 |
30 de ces assassinats ont eu lieu dans des conflits pour la terre, deux dans des conflits pour l’eau, et deux dans des conflits du travail. En plus de ces assassinats, ont été enregistrées 55 tentatives d’assassinats, 125 menaces de morts, 4 cas de torture, 88 emprisonnements privés illégaux et 90 agressions.
Selon le document, les données montrent que la diminution des actions des mouvements sociaux a été accompagnée de la chute des actions du Pouvoir Judiciaire (dispersions et menaces de dispersion des acampamentos [campements-occupations]), « prouvant la pratique d’appliquer les sévérités de la loi aux sans-terre » ; Et montrant que « le pouvoir privé des agriculteurs et des entrepreneurs de l’agronégoce est toujours opérant et que rien ne peut contenir les intérêts du capital ». La Commission Pastorale de la Terre conclut que « ce n’est pas à cause de l’action des ans-terre que la violence dans les campagnes persiste, comme beaucoup veulent le faire croire, en taxant de violentes des actions des travailleurs, en se refusant à voir la violence sur laquelle s’est fondé tout le processus d’occupation territoriale, depuis les temps de la Colonie jusqu’aux jours d’aujourd’hui ».
Pour Dom Ladislau Biernaski, président de CPT, la solution est dans la réforme agraire. La réforme agraire est ce qui s’attaque à la racine la question des conflits, et au manque de paix dans les campagnes, a-t-il a affirmé.
Selon le rapport, l’Amazonie Légale concentre 65% des cas de violences. Pour le professeur de l’USP, le géographe Ariovaldo Umbelino de Oliveira, le problème est dans la campagne même : « l’Etat, à travers le gouvernement actuel, par le programme « Terre Légale », légalise les terres « grillées » [appropriées indûment] , jusqu’à 1.5 mille hectares, dans l’Amazonie Légale. Alors, dans la mesure où il est régularisé, celui qui a eu sa terre légalisée se sent dans son droit et va se dire : cette terre est la mienne. Mais sur cette terre il a des Indiens, des riverains, des « quilombos ». Alors affirme-t-il, s’instaure le conflit. »



