La pause des T° moyennes troposphériques mondiales depuis 20 ans confirmée par un article scientifique collectif de Géoscience (Nature).

Vendredi 23 juin 2017, par Jean-Yves Martin // Apocalypse No !

Stables depuis 2000 ans, les mesures réelles des T° par satellites s’écartent des modèles informatiques à la hausse du GIEC. La courbe hypothétique en "crosse de hockey" cède durablement la place à une courbe en plateau. Et celui qui le dit à la tête d’une équipe de scientifiques internationaux, n’est pas n’importe qui.

Un article scientifique intitulé "Causes des différences dans les tendances de réchauffement troposphérique des modèles et des satellites" publié cette semaine par la revue Nature Geoscience du groupe "Nature" - une peer review à comité de lecture, peu suspecte de complaisance à l’égard des "climatosceptiques" - constate que le réchauffement climatique a été surestimé par les modèles de prédiction qui justifient l’action internationale concertée (COP21) contre les émissions de gaz à effet de serre.

Dans son résumé l’article le souligne ainsi : « au cours des premières années du XXIe siècle, les tendances au réchauffement troposphérique constatées par satellite ont en général été plus modestes que les tendances estimées à partir d’un grand ensemble de modèles multiples. (…) Nous en concluons que la surestimation, par les modèles, du réchauffement troposphérique au cours des premières années du XXIe siècle est en partie due à des déficiences systématiques affectant un certain nombre des facteurs de forçage externes [un agent qui a un impact sur le système climatique tout en lui étant extérieur] postérieur à l’an 2000 et utilisés dans les simulations des modèles".

Pour dire les choses plus directement encore : dans la vraie vie, l’augmentation de la température après l’an 2000 a été bien moindre que celle prédite par les modèles climatiques numériques.

Voilà qui revient à reconnaître que la pause du réchauffement climatique observée depuis quelque 20 ans n’est donc pas un mythe, alors que Ben Santer lui-même - pour n’évoquer que lui - fait partie de ceux qui ont activement cherché jusqu’à présent à nier son existence.

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L’article a donc cette particularité d’avoir pour auteur principal (leader) l’un des pionniers du mouvement qui a mis en accusation l’activité humaine dans le réchauffement climatique. Il avait notamment contribué au rapport du GIEC en 1995 en sa qualité de spécialiste de l’évaluation des modèles climatologiques et de sa recherche sur l’identification des "empreintes anthropogéniques" dans les variables pesant sur ce changement annoncé.

Ses auteurs internationaux sont : Benjamin D. Santer, John C. Fyfe, Giuliana Pallotta, Gregory M. Flato, Gerald A. Meehl, Matthew H. England, Ed Hawkins, Michael E. Mann, Jeffrey F. Painter, Céline Bonfils, Ivana Cvijanovic, Carl Mears, Frank J. Wentz, Stephen Po-Chedley, Qiang Fu & Cheng-Zhi Zou.

Résumé complet (traduction) :

Depuis le début du XXIe siècle, les tendances du réchauffement troposphérique mesurées par satellites ont été généralement plus faibles que les tendances estimées à partir d’un grand nombre de multi-modèles.
Étant donné que les observations et les simulations de modèles couplés n’ont pas le même phasage de la variabilité interne naturelle, ces différences décalées dans les taux de réchauffement simulés et observés se produisent invariablement.
Nous analysons ici les températures troposphériques moyennes mondiales à partir des satellites et des simulations de modèles climatiques pour examiner si les différences de taux de réchauffement au cours de l’ère du satellite peuvent s’expliquer par la variabilité climatique interne seule.
Nous constatons qu’au cours des deux dernières décennies du vingtième siècle, les différences entre les tendances de la température troposphérique modélisées et observées sont globalement compatibles avec la variabilité interne.
Au cours de la majeure partie du début du XXIe siècle, cependant, le réchauffement troposphérique modèle est sensiblement plus fort que celui observé.
Les différences de taux de réchauffement sont généralement en dehors de la gamme des tendances découlant de la variabilité interne. La probabilité que la variabilité interne multi-décennale explique complètement l’asymétrie entre les résultats de la fin du vingtième et le début du XXIe siècle est faible (entre zéro et environ 9%).
Il est également peu probable que cette asymétrie soit due aux effets combinés de la variabilité interne et à une erreur de modèle dans la sensibilité au climat.
Nous concluons que la surestimation modèle du réchauffement troposphérique au début du XXIe siècle s’explique en partie par des lacunes systématiques dans certains forçages externes post-2000 utilisés dans les simulations de modèles.

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Nature Geoscience (2017) doi:10.1038/ngeo2973
Received 23 December 2016 Accepted 22 May 2017 Published online 19 June 2017
https://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/full/ngeo2973.html

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