Réponse à « l’écologisme »

ou « comment la connaissance scientifique permet de réfuter les peurs entretenues » ?

Mardi 6 juin 2017, par Jean-Yves Martin // Apocalypse No !

Ouv. coll. sous la direction de Christian Buson

Et si nous abordions enfin les questions écologiques à la lumière de la science ? Nous assistons en permanence depuis plusieurs décennies à des alertes exagérées, à travers l’omnipotence/présence d’organisations écologistes influentes, qui déploie abondamment un flot de contrevérités. Impossible de prendre ça à la légère, même si l’inconsistance et parfois le grotesque des propos n’étaient le plus souvent manifestes.

Et pourtant, aujourd’hui, force est de constater que l’une des idéologies prévalentes les plus influentes - du global au local - est celle de « l’écologisme ». Les auteurs du livre le définissent comme l’ensemble des obligations que voudraient imposer les mouvements écologistes militants, sous couvert, en vrac et en détail : de la conservation des ressources naturelles, de la préservation de la vie sauvage, du développement durable, du respect des équilibres naturels, de la protection des habitats et des écosystèmes, le tout, bien évidemment au nom du souci de l’avenir des « générations futures ». Mais leurs pures convictions l’emportent cependant sur les faits et les connaissances. L’écologisme fonctionne in fine comme une véritable religion, à laquelle il serait devenu impératif de croire, sous la prompte menace de l’anathème et de la condamnation de toute hérésie ("crime" contre le climat) : tous les aspects de nos modes de vie et toutes les décisions prises à tous les niveaux, devraient se plier à ses principes.

Or, la science de l’environnement proprement dite n’en est encore elle-même qu’à ses balbutiements : elle ne dispose pas d’assez de recul, par défaut de données historiques établies, ou de bases de comparaisons fiables. La seule préoccupation ou la « sensibilisation écologiste » ne peuvent aucunement compenser cette absence criante. L’Idéalisation du passé et de ses prétendus équilibres naturels tourne à la caricature ; le contact avec les réalités du terrain amène en fait à reconsidérer nombre d’élucubrations dont le monde naturel fait l’objet a priori, mais sans aucune vérification sérieuse très poussée.

Face à la désinformation entretenue par la répétition du "prêt-à-penser écologiste" et sa pénétration généralisée dans les écoles, de la maternelle à l’enseignement supérieur - ainsi que dans la réglementation et la législation, voire la Constitution ("principe de précaution") - cet ouvrage propose une synthèse des réponses critiques argumentées sur de nombreux points. Pour ses auteurs, il est urgent de mettre à distance la religion de l’écologisme et les déclamations incantatoires de tous les super-héros "sauveurs de la planète" auto-proclamés qui se bousculent, afin de se tourner véritablement vers les sciences de l’environnement et de la santé.

Il s’agit donc pour les auteurs - médecins et ingénieurs expérimentés - d’illustrer comment les connaissances établies permettent de battre en brèche nombre des assertions erronées qui désorientent et égarent souvent nos décisions. Nous devons plutôt chercher à savoir si les menaces annoncées sont bien réelles, si les solutions proposées ont la moindre efficacité, si les thèmes abordés constituent des problèmes réels ou de fausses alertes, juste entretenues par leur répétition, mais qui finissent pourtant par avoir raison des connaissances avérées. Il devient nécessaire d’introduire de la précision et de la finesse, avec nuance et mesure pour éviter que le remède administré ne s’avère pire que le mal supposé.

Dans cet ouvrage, écrits par des scientifiques qui tiennent à fournir des réponses équilibrées aux frayeurs trop souvent cultivées, cinq chapitres concernent, dans une première partie, écologisme et santé. L’espérance de vie ne cesse d’augmenter de près d’un trimestre par an, et ce depuis plusieurs décennies. Si les pollutions, les contaminations diverses de nos aliments « industriels » et de notre environnement, bref toutes ces menaces terrifiantes et les stress généralisés étaient réellement à l’œuvre, avec l’impact négatif qui leur est attribué, nous serions bien loin de tels résultats sur l’allongement de la durée de la vie.

Dans une seconde partie intitulée écologisme et agriculture, huit chapitres portent ensuite sur la fertilisation, la protection des cultures, les rendements agricoles et les sols. Sont successivement abordés l’état des terres arables, l’absence de dégradation généralisée des sols, l’usage nécessaire et maîtrisé des produits phytosanitaires, les réalités du cycle de l’eau et l’irrigation, et la question si polémique des OGM.

Dans une troisième partie, écologisme et environnement, les auteurs abordent la question des proliférations algales et de l’impact de l’usage des produits phytosanitaires. A propos de l’évolution du climat et des tentatives d’en inverser les tendances, ils soulignent et commentent l’impossibilité actuelle de faire entendre le moindre doute face à la communication unilatérale autour de l’urgence d’actions contraignantes (GIEC et COP21, Accord de Paris). Ils reviennent aussi sur l’élévation des océans, la transition énergétique et les lourdes dépenses qui l’accompagnent. Enfin, ils énumèrent 22 raisons qui permettent de relativiser fortement l’influence des activités humaines sur le dit « réchauffement climatique ».

Ce livre courageux, abondamment argumenté, dessine un vaste panorama des nombreuses questions environnementales actuellement pas assez en débat. Il suscitera immanquablement des polémiques. Mais il a ce mérite rare de ne pas prendre pour argent comptant les croyances de la religion omniprésente de l’écologisme et invite à ne pas plier à tout coup à ses injonctions fondamentalistes, et parfois intégristes. A lire.

Christian Buson (dir.), Réponse à l’écologisme, Ed. L’Harmattan, Paris, 2016, 315 pages, 33 Euros.