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De la ville sans banlieue à l’archipel périurbain
Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?
Le géographe Jean Renard, dans un article percutant, "De la ville sans banlieue à l’archipel nantais" , y montre comment l’étalement urbain autour de Nantes a pris une tournure très particulière. Il montre que cette ville initialement sans banlieue, est devenu en 40 ans une ville archipel dont le bassin de vie s’étend désormais jusqu’à la Vendée et au Maine et Loire. Dans un nouveau système à la fois urbain et rural : rurbain. La périurbanisation touche aussi Saint-Nazaire et le littoral. « Un peu partout dans le département, les frontières d’hier laissent place à des espaces flous peuplés d’habitants en quête d’identités nouvelles ».
L’étalement périurbain
D’où viennent les nouveaux habitants du périurbain nantais ? « L’origine de l’étalement urbain tient ici comme ailleurs à la mobilité des ménages qui quittent la ville centre et les grands ensembles pour une maison individuelle en accession à la propriété tout en conservant leur emploi en ville ou dans l’agglomération ». La progression de la double motorisation des périurbains (deux voitures ou plus par foyer) est un bon indicateur des réalités de cet étalement urbain.
Il bouleverse les équilibres sociaux et politiques traditionnels. Notamment dans la troisième couronne où il y a peu d’emplois disponibles puisque les nouveaux arrivants s’installent sur des territoires agricoles. Ces « couronnes périurbaines externes accueillent des catégories modestes, dans un premier temps, d’ouvriers et d’employés venus de l’agglomération, aujourd’hui de catégories plus aisées après une vente d’une première acquisition dans l’agglomération, qui se mêlent aux ouvriers ruraux enracinés et aux agriculteurs désormais très minoritaires ».

L’étalement urbain, c’est aussi l’urbanisation des modes de vie. « Les bassins de vie ont évolué. Les limites sont franchies et les frontières d’hier font place à des espaces flous, les nouveaux habitants étant à la recherche de nouvelles identités et de nouvelles attaches ».
Quelle gouvernance pour l’archipel ?
Sous l’effet de l’étalement urbain, le département est en train de devenir un vaste territoire métropolitain. Mais, « il est temps de réfléchir à la forme de la métropole. Elle ne doit pas uniquement se construire autour du fleuve ».
| « L’ aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un nouveau pont sur l’estuaire en rapport avec un nouveau périphérique au large de l’agglomération (passant par Saint-Philbert, Clisson Ancenis, Nort sur Erdre et Savenay) , la remise en état des voies ferrées et l’utilisation optimale de l’étoile ferroviaire nantaise, une vision des espaces ruraux dépassant le cadre purement agricole, la transformation du littoral d’un espace balnéaire en un espace retraite, l’affirmation des fonctions tertiaires du pôle nazairien ; autant de facteurs susceptibles de transformer l’ensemble du département en un vaste et unique territoire métropolitain. Une forme nouvelle de ville, baptisée ville émergente, archipel nantais ou ville éparpillée, naît sous nos yeux. Comment la structurer ? C’est la question du renforcement de pôles secondaires aptes à regrouper emplois, équipements et services, en relais des six grandes zones d’activité situées aux portes de Nantes le long des grandes pénétrantes qui pour l’instant drainent activités et initiatives ». |
C’est dire les enjeux sociaux et politiques qui se profilent entre le département, la communauté urbaine, les agglomérations de Saint-Nazaire et de Guérande, le littoral et les diverses communautés de communes.
Cependant, force est de constater avec Jean Renard que malgré tous les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) et un SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), restreint au seul nord-Loire estuarien, « un outil de gouvernance prenant en compte la totalité des espaces concernés manque. La métropole est un tout, fait de sous ensembles solidaires, c’est un système. Encore faut-il un pilote dans l’avion ! ». Une interpellation qui pèse son poids venant ici de celui qui est aussi rapporteur général du Conseil de développement de la Communauté urbaine de Nantes.
Dans l’espace flou de l’archipel périurbain nantais, l’heure n’est donc évidemment plus à la préservation jalouse d’identités locales plus ou moins fantasmées, mais plutôt à la définition réellement participative d’un développement territorial solidaire, dans l’ensemble d’une zone périurbaine désormais élargie jusqu’aux limites du département.
Place Publique #05, Sep-Oct 2007, 162 p. 10 €
J’ai lu avec intérêt votre analyse de l’article que j’ai publié dans place publique n5. le cas de Savenay et de la communauté du sillon de bretagne est sans conteste fort intéressant. En suivre les dynamiques me semble nécessaire. Vous êtes à même de le faire. bon courage Amicalement