
"Pas de savoir sans critique du savoir et sans savoir critique"
Henri Lefebvre, La production de l’espace, 1974
Trois questions à Julian Mischi. Entretien pour les Nouvelles de Loire Atlantique. (N°884 du 28 janvier 2010)
Le nazairien Julian Mischi, docteur en science politique (EHESS), est chargé de recherche en sciences sociales à l’INRA (CESAER, Dijon). Il enseigne à Sciences-Po Paris et à l’université de Bourgogne et publie un nouveau livre : "Servir la classe ouvrière" aux Presses Universitaires de Rennes.
Michael Christofferson est un historien "à l’américaine" dans la grande tradition de Robert Paxton ("La France de Vichy"), dont il fut d’ailleurs l’étudiant. Dans ce livre, il écrit une véritable histoire sociale, politique et culturelle française en se donnant un objet, la critique de l’anti-totalitarisme, et un terrain, la gauche intellectuelle française dans la seconde moitié des années 1970
Cet ouvrage original et pionnier offre au lecteur un éventail des théories qui accordent au territoire spécifique à l’existence humaine une place essentielle. Ainsi, une vingtaine de philosophes du XXe siècle – Simmel, James, Bergson, Heidegger, Weil, Bachelard, Merleau-Ponty, Arendt, Jonas, Wittgenstein, mais aussi Lefebvre, Derrida, de Certeau, Levinas, Foucault, Deleuze et Guattari, Maldiney, Nancy, Sloterdijk – se trouvent présentés par de jeunes philosophes et de plus anciens, tous confirmés.
Serge Galam, physicien, directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CREA) à l’Ecole Polytechnique, nous fait part de ses réflexions sur le réchauffement climatique. Pour lui, la culpabilité de l’homme dans le réchauffement climatique n’est pas scientifiquement prouvée. Il nous explique pourquoi.
Si on peut comprendre qu’une cathédrale, par son architecture, ou même une petite cuillère, par son travail d’argenterie, puissent compter dans un patrimoine national, selon des critères d’ancienneté, d’esthétique, de valeur artistique ou culturelle, que penser de la borne Michelin qui figure sur la couverture du livre de Nathalie Heinich ?
Vingt universitaires prestigieux ont lancé, dans Le Journal du dimanche du 6 décembre, un appel contre la suppression de l’histoire-géographie en classe de terminale scientifique prévue par la réforme du ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel. Dans la liste figurent principalement des historiens, rejoints par des philosophes, des artistes, un démographe et même un psychiatre, mais aucun géographe : ce silence est pour le moins troublant.
« On vient d’apprendre que le Ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’Histoire et la Géographie comme matières obligatoires en Terminale Scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout Ministre de l’Éducation Nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le Ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’Histoire et la Géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en Terminale Scientifique. »
Unique en son genre, ce "Dictionnaire des lycées publics" est le premier livre à embrasser l’ensemble des réalités lycéennes à l’échelle d’une région. Initié en juillet 2007, il a vocation à valoriser le patrimoine historique et culturel des lycées publics de la région des Pays de La Loire.
Depuis la Révolution française, l’enseignement de l’histoire est associé à la construction d’une « identité nationale ». En prenant la forme d’un récit ethnocentré, l’histoire scolaire devait permettre l’intégration de tous les futurs citoyens de la République, quelles que soient leurs identités originelles, dans un ensemble politique unique.
La reconstruction de la démocratie au Brésil a exigé, il y a trente ans, d’énormes sacrifices des travailleurs. Depuis la reconstrucion de ses organisations, détruites par deux décennies de répression de la dictature militaire, jusqu’à l’invention de nouvelles formes de mouvements et de luttes capables de répondre au défi d’affronter l’une des sociétés les plus inégales du monde. Ceci a impliqué, également, de représenter les héritiers de la culture esclavagiste de cinq siècles, les travailleurs de la ville et des campagnes comme citoyens et comme participants légitimes non seulement de la production de la richesse du pays, comme c’est le cas depuis toujours, mais également comme bénéficiaires du partage de la richesse produite.