Site de Jean-Yves Martin, historien social et local, géographe brésilianiste.
L’ouvrage analyse les convictions qui, au nom de la rénovation pédagogique, animent depuis plusieurs décennies les enseignants et dépeint les pratiques les plus récurrentes en matière de gestion de la classe et de conduite des apprentissages. L’auteur Houssen Zakaria, sociologue qui enseigne à l’université de Nanterre, souligne d’abord la cohérence de la culture de métier des professeurs des écoles et sa très large emprise sur la profession. Il examine ensuite les conditions qui ont rendu possible sa diffusion, assurant ainsi le succès historique de la politique de rénovation pédagogique. Mais, à l’heure où les inquiétudes montent concernant les apprentissages de base du lire-écrire-compter l’auteur amorce enfin la réflexion sur les limites de l’efficacité des transformations réalisées.
Sommaire et auteurs de l’ouvrage
Extraits de la préface d’Alain Croix, professeur émérite des Universités
Conclusion du livre 5 (Jean-Yves Martin)
La réflexion géographique est au carrefour d’une approche scientifique (qui a ses ambitions et ses limites), d’une démarche personnelle (qui relève souvent du sensible) et d’un engagement dans la vie de la cité (polis et politique). Concernant ce dernier axe, deux modalités d’action semblent s’imposer chez les géographes : une posture éducative et cognitive une posture qui relèverait davantage de l’ingénierie et de l’aide à la décision en géopolitique et en aménagement du territoire. A ces deux postures, il convient d’ajouter une visée véritablement émancipatrice, pleinement assumée par des géographies dites critique et/ou radicale, qui nous intéressent ici.
Professeur en sciences de l’éducation à Paris-VIII, Jean-Yves Rochex vient de codiriger un ouvrage passionnant (1) décryptant les processus qui, au sein même des classes, participent à la fabrication des inégalités scolaires. Apprentissages différenciés, exigences implicites… Les enfants de milieux populaires sont les premiers à pâtir de ces phénomènes insidieux.
Une lecture du XXe siècle rendue illisible pour les lycéens d’aujourd’hui
Longtemps déconsidérée comme une discipline de connaissances, la géographie est maintenant, généralement, sortie de la pensée des élèves de terminale. L’histoire est d’abord enseignée, la géographie est proposée lorsque la fin de l’année approche et qu’il faut tout de même préparer les élèves au baccalauréat ! A ce moment-là encore, les élèves comprennent très vite qu’un bachotage bien organisé suffit pour avoir une note correcte au bac. Ils n’ont plus ensuite qu’à l’oublier au plus vite !
Extraits de la présentation de l’auteure, Ana Fani Alessandri Carlos (traduction J-Y Martin)
Łukasz Stanek présente sa première conférence publique sur son livre « Henri Lefebvre on Space : Architecture, Urban Research, and the Production of Theory » University of Minnesota Press, 2011. Il met en perspective une vue d’ensemble conceptuelle de la théorie de Lefebvre et deux de ses sources largement oubliées : les engagements du sociologue dans la recherche à propos des pratiques d’habitation dans la France d’après-guerre d’une part, et d’autre part, ses échanges avec des architectes et urbanistes dans les années 1960 et 1970.
Ce colloque international, à l’initiative des enseignants des départements de sociologie, d’ethnologie et de géographie de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, est organisé dans ces lieux où Henri Lefebvre fut professeur de sociologie. L’objectif de ces journées est double. D’une part, il importe de faire le point sur l’actualité de la pensée de Lefebvre à l’étranger, en particulier dans les pays où ses livres ont fait l’objet de nombreuses traductions : Etats-Unis, Royaume Uni, Japon, Corée, Espagne, Brésil, Iran... Là, son oeuvre se trouve utilisée de façon systématique comme cadre de référence théorique et base de réinterprétation critique, et bénéficie de nouvelles mises en perspective biographiques. D’autre part, il s’agit de croiser ces approches avec les travaux contemporains s’inscrivant explicitement ou implicitement dans cette sensibilité intellectuelle en France, où l’oeuvre de Lefebvre semble avoir connu une relative éclipse pendant les dernières décennies. Certains de ces travaux émanent de proches d’Henri Lefebvre, d’autres en portent la trace intellectuelle, témoins d’une influence distante mais persistante.